Exposition photographique à Nogent-le-Rotrou. Jean-Christophe Lemay, notamment en partageant

Une magnifique photo de Jean-Christophe Lemay.
Une magnifique photo de Jean-Christophe Lemay. (© Action Républicaine)

Rencontrez le photographe Jean-Christophe Lemay, qui participe au festival Dans les pas de Camille de Nogent-le-Rotrou.

Nouvelles: Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Jean-Christophe Lemay : Je suis originaire de l’Ontario, une province voisine du Québec, ici au Canada, d’une toute petite ville appelée L’Orignal, sur les rives de la rivière des Outaouais. Durant mon enfance, j’avais très peu d’intérêt pour l’art, je pratiquais plutôt tous les sports imaginables, et cela jusqu’au début de l’Université. Pourtant, je fais plusieurs voyages à l’étranger en famille, principalement vers l’océan Atlantique, un endroit que j’apprécie particulièrement. C’est au cours de ces nombreux voyages que je me suis découvert une véritable passion pour l’eau et tout ce qui s’y passe : les vagues, le surf et, bien sûr, la biodiversité. J’ai donc décidé de compléter un baccalauréat en biologie marine ici à Rimouski, où j’habite depuis 2010. C’est la même année que j’ai acheté mon premier appareil photo étanche et j’ai commencé à photographier modestement. Ce n’est qu’en 2015 que je l’ai pris plus au sérieux, ayant découvert un certain intérêt du public pour mon imagerie ondulatoire et plus tard pour la faune sous-marine. Au fil des années, j’ai perfectionné mon art parmi mes différents métiers de biologie et autres pour enfin m’investir à temps plein dans la photographie de nature depuis 2019. Un choix que je ne regrette pas.

“Un univers riche”

D’où vient cette passion pour la photographie ?

JC. L. : Certainement à travers mes voyages à l’océan et tous les moments que j’y ai passés. Je voulais partager avec les gens la beauté de l’eau et ce qu’on peut y trouver. Beaucoup ont encore peur de l’océan ou n’y ont tout simplement pas accès. C’était une manière de partager avec tout le monde la possibilité de l’avoir, à travers des images, mais aussi une manière de créer des souvenirs permanents. Je regarde toujours mes premières photos avec un œil critique, mais toujours avec le sourire.

Quelles sont vos inspirations ?

JC. L. : La nature en général, mais plus spécifiquement l’environnement côtier. Ici à Rimouski, nous avons le privilège d’être situés dans l’une des rivières les plus importantes au monde, la Sant Llorenç, plus précisément dans l’estuaire. C’est un univers riche qui demande à être exploré, aussi bien sur le littoral que directement sous l’eau ou même dans les forêts adjacentes. Je me concentre donc sur ce domaine et je n’ai toujours pas l’impression d’avoir tout vu.

Jean-Christophe Lemay expose à Nogent-le-Rotrou
Jean-Christophe Lemay expose à Nogent-le-Rotrou (© DR)

Quel a été votre moment le plus mémorable ?

JC. L. : Dans le cadre de l’exposition, je présente une photo du caribou forestier, un écotype montagnard, une espèce très menacée qui vit au cœur des monts Chic-Chocs en Gaspésie. Cette journée avec ces personnes est probablement l’aboutissement de ma carrière de photographe. Il faut savoir que le territoire est immense ; seulement à ce sommet, on parle d’un plateau de 14 km² où l’on peut traverser un tout petit sentier. Ce matin-là, j’ai fait l’ascension de 2h30 à 5h00 du matin, espérant ne voir qu’un seul des quelque 40-50 individus restant au sud du fleuve Saint-Laurent. Laurent, dans toute cette chaîne de montagnes. Quand vous arrivez au sommet, c’est le brouillard total, vous ne voyez rien. Puis, après une heure d’attente, le vent souffle le brouillard et dévoile l’immense plateau aux allures de désert nordique. En ce moment je ne vois pas de caribous, mais 14. Des mâles, des femelles et même des jeunes, quel privilège ! J’ai passé environ 6 heures à les photographier, avec le froid et les gelées de septembre à plus de 1000m d’altitude. J’ai été témoin de bagarres entre hommes, d’autres femmes, de jeunes curieux et même d’une incroyable proximité avec un homme adulte. Je me souviens à jamais dans ma mémoire, croisant les doigts pour que les photos ne deviennent pas des fichiers du passé.

“Nous sommes privilégiés”

Avez-vous vos propres techniques ?

JC. L. : Je ne pense pas avoir ma propre technique, bien que mes images soient généralement reconnues (je pense, du moins pour les personnes qui suivent depuis un certain temps), peut-être plus à cause de la composition, du thème ou même du allumer cela par la technique. J’ai un Canon 5D mark 4, un Canon 6D mark 2 et un Canon 7D mark 2. Ils ont tous leur propre usage ; sous l’eau, au sol ou sur la porte photo. En ce qui concerne les focales, j’ai un Canon 500mm f4, un Canon 100-400mm f4.5-5.6, un Canon 70-200mm f2.8 et quelques autres objectifs que j’utilise également. Dans l’eau, j’ai mis mon 6D mk2 dans un boîtier étanche Aquatech, conçu pour la photographie de surface.

Que voulez-vous faire ressentir avec vos œuvres ?

JC. L. : La beauté de notre patrimoine naturel et l’importance de sa protection et d’une saine coexistence entre l’homme et la nature en général. A chaque séance photo, je réalise à quel point nous sommes privilégiés de pouvoir partager notre planète avec une biodiversité aussi impressionnante à travers le monde. En photographiant ces petits moments avec des animaux, dans des paysages souvent grandioses, je souhaite sensibiliser les gens à l’importance de notre rôle dans une perspective de conservation de la nature.

Comment sont arrivées vos photos à Nogent ?

JC. L. : Je me suis aussi posé la question pendant longtemps (haha) ! Je plaisante, mais je dois dire qu’à l’ère moderne, les réseaux sociaux permettent aux photographes et artistes du monde entier de gagner en notoriété plus facilement. Alors un jour, j’ai reçu un e-mail d’invitation à participer à l’exposition, que j’ai évidemment accepté avec plaisir. Environ la moitié des personnes qui me suivent dans mes aventures web sont basées en Europe, notamment en France, je pense que cela a dû aider… Je n’ai pas eu le privilège de visiter Nogent lors de mon séjour en France, mais j’espère pouvoir s’y rendre avant la fin de l’exposition si la situation sanitaire le permet !

Participez-vous à de nombreuses expositions ? Avez-vous des compétitions ?

JC. L. : J’en suis maintenant à ma sixième exposition, la deuxième à l’international, mais la première en France et j’en suis ravi ! J’ai amassé quelques prix au fil des ans dans divers concours ici au Québec, mais aussi dans d’autres parties du monde. Ceux dont je suis le plus fier sont le premier prix du concours annuel de Canadian Geographic dans la catégorie animal en action le mois dernier, ainsi que le troisième prix dans la catégorie nature aux International Photography Awards 2020 pour ma photo de béluga, présente au exposition ailleurs. En fait, je pense faire un livre, mais je me permets d’avoir encore quelques années de retard sur la cravate, d’avoir encore plus de mal à choisir les images qui seront…

Pratique : au Pas de Camille jusqu’au 30 septembre sur le Passeig Camille-Silvy, la voie verte, la bibliothèque et la base de loisirs du Margon.

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